Vive le ski, vive la soupe aux myrtilles

Il s’agissait là de l’un de ces projets auxquels on pense sans arrêt pendant des mois et des mois sans vraiment réaliser qu’à un moment … eh bien on va vraiment y prendre part. Nous nous étions inscrit à la Vasaloppet-Öppet Spår en Juin de l’année dernière alors que nous vivions à Wanaka, en Aotearoa.

Et je suis heureux de vous annoncer que nous en sommes venu à bout ! Youpi !

Nous prîmes le train en direction de la commune de Mora dans laquelle se terminent toutes les courses de la Vasaloppet Week (neuf courses différentes sur une dizaine de jours) le samedi 25 Février et arrivions juste à temps pour apercevoir les dernières concurrentes de la TjejVasa (ou « Vasaloppet pour dames », une course de 30 kilomètres en mode Ladies-Only-Gentlemen-Forbidden) et se faire une idée de ce à quoi l’arrivée ressemblerait le jour suivant.

Nous nous embarquâmes alors dans un parcours du combattant destiné à nous faire rejoindre la salle de sport qui allait nous accueillir pour les nuits de samedi à dimanche et dimanche à lundi. Il s’agissait d’un chemin de deux kilomètres couvert d’une bonne couche de glace qui glisse. Sans entrer dans les détails, nous parvînmes à rejoindre nos lits sans nous casser quoi que ce soit.

Après avoir regardé passer sept des huit participants à la quatrième demi-finale de la compétition musicale destinée à sélectionner le représentant suédois pour le concours de l’Eurovision (ouf) nous allions au lit histoire de nous reposer autant que possible … le bus vers Sälen partant entre 4h30 et 5h30 le lendemain matin … ce qui nous fît régler nos alarmes sur l’heure inédite de 3h30.

Petit déjeuner rapide, une demi-heure à jouer à Bambi plus deux heures dans le bus passée à comparer notre équipement à celui des cinquantes autres concurrents et nous voici à Sälen … à 7h … nous sommes sortis du bus dix minutes APRÈS le départ de la première vague (5000 personnes ou plus) de skieurs. Chose amusante, à ce moment il nous restait encore à a) Récupérer notre enveloppe de course, b) Farter nos skis, c) Passer aux toilettes et d) Filer nos sacs et habits de rechange à l’équipe de transport avant de pouvoir enfin prendre le départ … à 8h09 précises.

Notre départ s’est passé dans le calme, pas comme ce qu’ont pu vivre ceux qui ont démarré une heure auparavant. Pour notre plus grand plaisir, nous avions les huit lignes pour nous tout seuls. Après juste une centaine de mètres, première colline à franchir, trois kilomètres à lever le pied gauche, le pied droit, le pied gauche, le pied droit, le pied gauche, le pied droit, tout en gardant les skis en V comme Vat de Hell?. On nous avait dit qu’il devait s’agir de la partie la plus difficile et qu’après ça c’était presque littéralement que de la descente. Mensonges.

Les deux ou trois premières heures sont passées plutôt rapidement, nous prenions nos aises dans des lignes de plus en plus à gauche et commençions à passer pas mal d’autres masoschistes hivernaux. La première station de ravitaillement vint après onze kilomètres. Nous nous vîmes offrir des boissons énergétiques, de l’eau, des brioches et sortions de nos sacs nos barres de céréales, noix et canneberges. Pas de soupe de myrtilles par contre ! Ce n’est qu’à la deuxième station que nous pûmes (j’ai commencé avec le passé simple, je vais essayer de m’y tenir) nous délecter encore et encore du brevage fruité et sucré qui fit rutiler nos estomacs d’un grand éclat pourpre, signe que nous étions prêts à en découdre avec le reste des activités du jour.

La troisième partie du parcours vit l’apparition de pentes pentues. On nous avait prévenu, il allait y avoir des gamelles et nous nous étions déjà imaginé d’immenses empilements de corps et demi-skis bloquant tout passage au bout desdites descentes. Et c’est à peu près ce que nous avons vécu. Nous nous retrouvions à faire la queue avant chaque pente, derrière une cinquantaine de personnes. La piste passait alors de huit lignes bien tracées à trois espèces de canyons/pistes de bobsleigh complétement déglinguées. Nous faisions de notre mieux pour descendre avec nos skis formant un V inversé comme Vad fan? … mais la plupart du temps nous nous retrouvions soit à rentrer dans le skieur devant nous soit à nous jeter la tête la première dans le fossé afin d’éviter de renverser d’avantage de dominos. Chaque descente se vit saluée par un « Oh non, pas encore une auuuutre … » de la part de Greta, laquelle est clairement plus à l’aise avec des dénivelées positives !

Juste après le troisième ravitaillement (35 kilomètres), Aron passa la seconde et nous ne l’aperçumes -sur écran géant et en chair et en os simultanément- qu’après être arrivé à Mora.

Pas grand chose à signaler entre les kilomètres 35 et 72. Le moral passa de « Chouette, c’est presque notre record de distance » à « Youpi, mi-chemin » puis de « Bla bla, faim, soif » à « Roh c’est pas possible … on n’a pas passé ce frêle petit bonhomme genre il y a 25km ?? ». De la montée, de la descente, du plat. Pas grand chose à raconter, vraiment. L’avant dernier ravitaillement nous apporta la confirmation que nous allions terminer la course dans le noir mais correspondit au moment où nous trouvions un second souffle. Je ne sais pas si cela venait du fait que l’arrivée commençait à vraiment se rapprocher ou du comprimé énergétique administré par une dame en jogging rouge couvert de mots en jaune, mais le fait est que nous commencions à nous sentir euphoriques et, ignorant, accélerions un poil (BAM, +1,5 km/h).

Pendant les derniers 18 kilomètres il nous sembla passer des milliers de personnes. La crainte de finir dans le noir se vit remplacer par l’excitation de finir sous les étoiles et au clair de Lune. Nous pouvions apercevoir les lumières de la ville, entendre la foule hurler, la chorale chanter, etc. Nous étions tout sourires pendant au moins 5 milles marins et en un rien de temps nous arrivions sur la dernière ligne droite. Terminé. Diner et au lit.

10 heures 26 minutes et 4 secondes pour Greta-Lala et 2 secondes de plus pour moi alors qu’Aron nous donna une leçon de ski de 8 heures et 37 minutes !

Un petit coup d’œil aux résultats en ligne :

- 6839 and 6840èmes sur les 7698 qui ont terminé la course de dimanche (9557 inscrits)
- 11230 and 11231ème sur 12671 en combinant les courses de dimanche et lundi (15914 inscrits)

Oh tiens, ai-je mentioné le fait que le ciel était (et est toujours) bleu et que le soleil brillait (et brille toujours) pendant toute la course ?

Et demain on regarde la Vasaloppet à la télé tranquilement installés dans le canapé !

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About Sylle

Swimmer specialised in relatively cold water and relatively long distances, English Channel Swimmer 2009, Butterfly across the English Channel in 2013
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